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Macky sur l’homosexualité au Sénégal: «Ni le pouvoir, ni l’argent ne me feront changer la loi»

Quelques heures après la sortie de l’Eglise catholique Sénégalaise réaffirmant son opposition à toute velléité de légalisation de l’homosexualité, le président de la République a réagi. Macky Sall qui réitère sa position qui n’a pas varié sur ce sujet, assure ceci : «Jamais, je ne changerai la loi en vigueur».

«Je garde la même posture depuis toujours. Jamais je ne changerai la loi en vigueur, malgré les pressions. Que les gens arrêtent donc d’inventer des choses qui n’existent pas car cela ne saurait leur faire accéder au pouvoir». C’est le chef de l’État Macky Sall qui répond ainsi à ses détracteurs, notamment l’opposition, et réaffirme sa position sur la légalisation ou non de  l’homosexualité au Sénégal. Dans une vidéo postée par kalifonetv, le président Macky Sall, qui réitère qu’il ne peut pas dire plus encore moins faire plus que ce qu’il a déjà dit ou fait sur cette question, déclare : «Ni le pouvoir, ni l’argent ne me feront changer la loi. Alors que ce débat soit clos».

Mieux, rappelant la position, qu’il soutient d’ailleurs, du footballeur international sénégalais évoluant au Paris Saint-Germain, Idrissa Gana Guèye, qui avait refusé de jouer avec un maillot au flocage arc-en-ciel contre Montpellier, le samedi 14 mai dernier, et le vote du Sénégal contre une Résolution de l’ONU sur les stratégies mondiales du secteur de la santé, le 28 mai dernier à Genève (Suisse), le président Sall révèle avoir promis des sanctions à l’endroit de tout ambassadeur qui signera, au nom du Sénégal, un quelconque document pouvant engager le pays dans une dynamique de légaliser l’homosexualité.

Face à la résurgence du débat sur ce sujet ces derniers temps, l’Eglise a fait une déclaration. Face à la presse, le vendredi 10 juin 2022, pour s’exprimer sur la situation politique tendue et la dégradation de la situation sociale dans le pays, suite à la deuxième session de l’année pastorale 2021-2022, la Conférence épiscopale dit rester intransigeante, en s’opposant à toute velléité de légalisation de l’homosexualité.

«Les évêques réitèrent la position de l’Eglise, au sujet de l’homosexualité. Ils ne portent aucun jugement sur les personnes. Ils sont pour le respect de l’intégrité physique des individus. Ils dénoncent toute initiative de vouloir légaliser l’homosexualité qui n’est pas conforme à nos valeurs traditionnelles, encore moins à nos croyances religieuses chrétiennes», note le communiqué qui a sanctionné les travaux de cette deuxième session ordinaire de l’année pastorale, lu par l’abbé Augustin Thiaw, en présence des autorités de l’Eglise dont l’archevêque de Dakar, Mgr Benjamin Ndiaye.

Auparavant, lors de la 75e Assemblée Mondiale de la Santé (AMS) du 28 mai dernier au siège des Nations Unies (ONU) à Genève, le Sénégal a voté contre la Résolution adoptant les Stratégies mondiales du secteur de la santé contre le Vih, l’hépatite virale et les infections sexuellement transmissibles. Selon Le Quotidien, notre pays a été, avec la Lybie, l’un des deux seuls pays à le faire.

Lors de cette session, des diplomates, notamment saoudiens, ont mis l’accent sur les termes controversés dans la Résolution et le glossaire joint en annexes : «sexualité», «orientation sexuelle», «droits sexuels», ainsi que la référence aux «hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes». Toutefois, la Résolution a été finalement adoptée, grâce au vote positif de 61 États membres, dont 6 pays africains, précise le journal, soulignant que 30 autres pays se sont abstenus. Aussi les représentants de 90 États n’ont pas voulu prendre part au vote.

Déjà, après le président Américain, Barack Obama, en juillet 2013, Macky Sall a décliné la position ferme du Sénégal sur la question, lors d’une conférence de presse conjointe avec le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, en visite à Dakar en février 2020. Il a appelé au respect des cultures et croyances des autres, tout en relevant qu’interdire l’homosexualité n’a rien d’homophobe. «Les lois de notre pays obéissent à des normes qui sont le condensé de nos valeurs de culture et de civilisation… Cela n’a rien à voir avec l’homophobie. Ceux qui ont une orientation sexuelle de leur choix ne font pas l’objet d’exclusion», a-t-il insisté.

Et de poursuivre : «On ne peut pas non plus demander au Sénégal de dire : “Demain, on légalise l’homosexualité, et, demain, c’est la gay parade”… Ça, ce n’est pas possible parce que notre société ne l’accepte pas». La loi sénégalaise punit de peines allant de 1 à 5 ans d’emprisonnement ce que la Code pénal qualifie d’«acte impudique ou contre nature avec un individu de son sexe».

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