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Le Président Macky Sall sur le pétrole et le Gaz: « Ce n’est ni une fatalité, ni une malédiction »

Le chef de l’Etat a dressé hier, les défis à relever pour réussir l’exploitation pétrolière et gazière dans les pays africains en général et ceux qui composent le Msgbc. Il s’agit entre autres, des modalités d’exploration et d’exploitation des ressources, la formation des ressources qualifiées, mais aussi la nécessité pour les pays d’exploiter leurs ressources énergétiques, pour satisfaire leurs besoins d’industrialisation et de développement économique et social. Une manière pour Macky Sall de dire que l’exploitation du pétrole et du gaz, « n’est ni une fatalité, ni une malédiction »

Le 5e Sommet du bassin sédimentaire de la Mauritanie, du Sénégal, de la Gambie, de la Guinée-Bissau et de la Guinée-Conakry, communément appelé Msgbc oil, gas & power summit a démarré hier, au Centre international de conférence Abdou Diouf de Diamniadio (Cicad). Naturellement, les défis à relever pour une meilleure exploitation pétrolière et gazière ont été cœur de cette rencontre, dont la cérémonie d’ouverture a été présidée par le Président Macky Sall. Pour le chef de l’Etat, cette problématique englobe et dépasse la seule question du financement et met les pays en face de plusieurs défis.


Le premier est lié aux conditions et modalités d’exploration et d’exploitation des ressources. «De l’exploration aux premiers barils de pétrole ou mètres cubes de gaz, les efforts d’investissements et de recherches sont énormes, coûteux et complexes, avec des risques tout aussi réels de ne rien trouver après», explique Macky Sall.
D’où la nécessité pour les pays, d’attirer des partenaires financièrement et techniquement fiables, sur la base d’une législation claire, qui sécurise l’investisseur et protège les intérêts des pays. «J’ai pour ambition de faire en sorte qu’à l’échelle de l’Union africaine, nous puissions avoir une législation harmonisée, aussi bien dans le domaine pétrolier que dans le domaine minier, afin d’éviter la compétition ruineuse entre pays pour tenter d’attirer simplement les investisseurs», a plaidé le Président Sall.


Sur l’exploitation elle-même, dira M. Sall, «il nous appartient, en tant que pays, de faire les efforts nécessaires pour une participation dans l’actionnariat du business pétrolier et gazier pour en tirer le meilleur parti, au lieu de nous contenter de royalties».


Le deuxième défi porte sur la formation de ressources hu­maines qualifiées. Les mé­tiers du pétrole et du gaz étant multiples et aussi complexes les uns que les autres, si bien que l’expertise en la matière est fort diverse.
«Du sondage à l’interprétation des données, de l’évaluation au forage, en passant par le raffinage et la commercialisation des produits, pour ne citer que quelques aspects, il n’y a pas un seul expert qui maîtrise toute la chaîne de valeurs gazières et pétrolières», indique le chef de l’Etat, qui invite à la sérénité et la modestie dans l’approche des problématiques aussi complexes que l’exploration et l’exploitation du gaz et du pétrole.


Pour défendre les intérêts des pays africains dans ce domaine, ajouta-t-il, «il nous faut former des ressources humaines de qualité à tous les niveaux: du soudeur à l’ingénieur, du courtier au jurisconsulte spécialiste des contrats pétroliers et gaziers… Ainsi, ceux qui connaissent pourront parler et agir, chacun dans son domaine de compétence. Et c’est l’objet de l’Institut national du pétrole et du gaz (Inpg), que j’ai créé pour former une masse critique de ressources humaines diversifiées, aptes à prendre en charge les enjeux liés à l’industrie pétrolière et gazière», indique le président de la République.

Plaidoyer pour une législation harmonisée


Le troisième défi consiste à assurer une exploitation équitable et apaisée des gisements transfrontaliers. Et c’est ce que le Sénégal et la Mauritanie ont fait ensemble autour du champ gazier Grande tortue Ahmeyim. «Voilà un excellent exemple de collaboration, qui montre ce que nous pouvons réaliser ensemble en parfaite intelligence, dans un domaine aussi complexe, et en association avec un partenaire majeur, en l’occurrence Bp», indique Macky Sall. Il se réjouit de cette association tripartite, qui est d’autant plus appréciable qu’elle a été mise en place dans des délais nettement plus courts que la moyenne habituelle.


«Cela veut dire qu’il n’y a ni fatalité, ni malédiction des ressources, ni concurrence ruineuse, si la volonté politique existe de part et d’autre», a soutenu M. Sall. Du reste, affirme-t-il, «c’est le même modèle de coopération apaisée et intelligente que nos pays mènent depuis plusieurs décennies autour de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (Omvs) et de l’Orga­nisation pour la mise en valeur du fleuve Gambie (Omvg)».


L’autre enjeu de l’exploitation réside selon lui, dans la nécessité pour les secteurs privés des pays africains, d’associer leurs moyens pour bénéficier des opportunités que leur offre la législation sur le contenu local.
Par exemple la West african energy, un consortium constitué à 100% de privés sénégalais pour construire une centrale électrique à gaz de 300 Mw, un projet actuellement en cours de réalisation.


Macky Sall encourage vivement l’échange d’expériences et de bonnes pratiques dans ce domaine comme dans d’autres. «Apprendre les uns des autres est l’un des objectifs majeurs de ce rendez-vous», souligne-t-il.
Le quatrième défi a trait à la nécessité pour les pays, d’exploiter leurs ressources énergétiques pour satisfaire leurs besoins d’industrialisation et de développement économique et social, dans un contexte mondial de lutte contre le réchauffement climatique.


D’ailleurs, les importantes découvertes faites ces dernières années, confirment clairement que le bassin Msgbc recèle un potentiel en ressources gazières et pétrolières de classe mondiale.
«Nos pays étant en retard sur tous les fronts du développement, nous avons besoin d’exploiter nos ressources pour alimenter notre tissu industriel encore embryonnaire, irriguer les autres secteurs de l’économie et assurer à nos populations, l’accès universel à l’électricité à des coûts abordables», convainc le président de la République.

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