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Dr. Ababacar Mbaye, DG de l’Onas: «Les chantiers du Projet d’assainissement des 10 villes sont exécutés à 85 %»

Récemment porté à la tête de l’Office national de l’assainissement du Sénégal (Onas), Dr Ababacar Mbaye fait le point sur la mise en œuvre des projets en cours et dévoile sa feuille de route. Dans cet entretien, il tire un bilan positif de l’exécution des projets d’assainissement,  notamment à l’intérieur du pays. M. Mbaye en veut pour preuve le taux d’exécution de 85 % des chantiers du Projet d’assainissement des 10 villes.

Monsieur le Directeur, vous avez pris fonction il y a de cela trois mois. Pouvez-vous décliner les chantiers que vous comptez prioriser ?

Nous avons déjà commencé à faire le point sur la situation de référence. Nous faisons le diagnostic des ouvrages d’assainissement. Notre priorité, c’est aussi de faire confiance aux agents. Nous accordons également une priorité au dialogue entre les bénéficiaires, les autres acteurs de l’assainissement et l’Onas. Pour cela, nous allons élaborer des plans d’action pour la mise à niveau des activités. Car c’est un grand challenge, pour la pérennisation, d’arriver à disposer d’un accompagnement correct en termes de collaboration et de partenariat avec les acteurs et partenaires pour une appropriation des ouvrages par les bénéficiaires. Sur ce point, nous allons mettre en place un pool d’ingénierie sociale qui regroupera l’ensemble des acteurs, les Ong, les collectivités territoriales et tous les bénéficiaires. In fine, l’objectif est d’accompagner les investissements, pour une meilleure exploitation des ouvrages d’assainissement devant avoir une fonctionnalité pérenne.

Pourquoi un pool d’ingénierie sociale ?

Un projet d’assainissement est transversal. La construction des ouvrages coûte cher. Pour leur bon fonctionnement et leur pérennisation, il faut amener les bénéficiaires à s’impliquer pour une bonne utilisation. Pour ce faire, nous pensons qu’il est important de dérouler, en amont comme en aval, des réalisations, des activités d’information et d’éducation qui accompagnent l’exploitation des ouvrages. Il faut des échanges et une concertation permanente entre les populations, les techniciens de l’Onas et les autres acteurs du secteur et des secteurs connexes afin d’arriver à promouvoir un comportement qui sécurise les ouvrages. Nous pensons qu’il n’y a que le dialogue qui permet de garantir leur bonne utilisation pendant longtemps.

Vous avez récemment effectué plusieurs visites de terrain. Quel est l’état d’avancement des travaux dans les régions ?

Nous avons été d’abord dans plusieurs zones de Dakar. À Ouagou Niayes, dans les Sicap, à l’Université et dans la banlieue, notamment à Pikine et Guédiawaye. L’objectif était de s’enquérir de l’état des ouvrages d’assainissement en place. N’oublions pas que nous sommes à quelques semaines de l’hivernage. Je dois aussi préciser que les travaux de dépollution de la baie de Hann ont démarré. Dans les régions, le projet d’assainissement de l’île de Saint-Louis est à plus de 90 % de taux d’exécution. S’agissant de l’assainissement des 10 villes, le niveau d’exécution est globalement satisfaisant à Matam, Tambacounda et Diourbel. Le Projet d’assainissement des 10 villes que sont : Dakar, Pikine, Rufisque, Louga, Tambacounda, Kaolack, Matam, Saint-Louis, Tivaouane et Touba, affiche un taux d’exécution de 85 %. Toutefois, le rythme doit être accéléré, car l’hivernage arrive à grands pas. Les entreprises doivent finaliser rapidement les travaux pour respecter le cahier des charges. S’agissant des projets financés par le Budget consolidé d’investissement (Bci), celui de Kaffrine est à plus de 70 % de réalisation. Nous allons nous rendre prochainement à Sédhiou. Toutefois, ce que nous avons relevé lors de nos visites de terrain et qui est déplorable, ce sont les nombreuses casses de conduites, les branchements clandestins dans les réseaux d’eaux usées et d’eaux pluviales ainsi que les affaissements des ouvrages. Il y a aussi beaucoup d’empiétements, particulièrement sur le canal Hann-Fann. Ce, même si l’État est dans de bonnes dispositions pour prendre en charge le renouvellement de ce canal en usant de solutions concertées.

Avez-vous une idée du nombre de Sénégalais qui seront impactés ?

Évidemment ! Le taux d’accès à l’assainissement sera boosté surtout en milieu urbain où nous intervenons. Si vous voyez le Programme des 10 villes, au minimum 100 000 personnes par ville seront impactées. Nous avons aussi d’autres projets comme celui de l’île de Saint-Louis. C’est avec le Bci que les ouvrages de Kaffrine et de Sédhiou sont financés pour prendre en compte les préoccupations des citoyens de ces villes en termes d’assainissement. Nous avons également des projections avec le Projet eau potable et assainissement en milieu rural et périurbain (Peamir) financé par la Banque mondiale et avec lequel nous allons intervenir dans sept gros centres ruraux qu’on appelle villes secondaires. L’exécution de ce projet a démarré et nous avons beaucoup de perspectives. En réalité, les projets en cours permettront de booster le taux d’accès à l’assainissement en milieu urbain et périurbain.

On a lancé, au mois de septembre 2020, le Projet de dépollution de la baie de Hann. Aujourd’hui, quel est l’état d’avancement des travaux ?

Le Projet de dépollution de la baie de Hann est un chantier très important pour l’État du Sénégal, même si beaucoup de contraintes ont bloqué son démarrage pendant plusieurs années. Actuellement, les travaux ont commencé avec le premier lot relatif à l’intercepteur qui est en train d’être posé. Le Bureau de contrôle supervise les travaux et a la responsabilité de vérifier la qualité des matériaux utilisés pour assurer la durabilité. Nous sommes aussi en train de mettre la pression sur le cabinet d’Iec qui doit jouer un grand rôle pour sensibiliser les populations.

Qu’en est-il du Projet d’extension de la station de Cambérène ?

L’extension de la station de Cambérène est une composante du Projet de dépollution du nord de la ville de Dakar (Pdnvd). Cette station va voir sa capacité de traitement passer de 19 000m3/jour à 90 000m3 pour pouvoir prendre en charge plusieurs autres quartiers de Dakar. Aujourd’hui, le taux d’exécution des travaux est de plus de 80 % pour le génie civil et la partie terrestre de l’émissaire. C’est au niveau de la partie marine qu’il y a eu un peu de lenteurs, mais avec l’avenant qui a été approuvé, le reste va aller vite.

L’hivernage approche. Pouvez-vous faire le point sur les opérations pré-hivernage ?

L’un des objectifs des tournées sur le terrain, c’est vraiment de faire l’état des lieux des ouvrages. Surtout si l’on sait que les opérations pré-hivernage servent à préparer la gestion des eaux pluviales pour prévenir les inondations. Cela, en faisant de sorte que nos ouvrages soient fonctionnels. À Dakar, nous avons mis en exergue beaucoup de points critiques qui vont nécessiter le curage du réseau d’assainissement et la réhabilitation de stations de pompage et d’épuration. Nous avons aussi des projections portant sur la réhabilitation et le renouvellement de réseaux. Par ailleurs, une chose est de réaliser des ouvrages, une autre est de voir comment impliquer l’ensemble des acteurs dans la préservation. En effet, si on parle d’opérations pré-hivernage, c’est pour travailler à mieux gérer ces ouvrages incombés par l’Onas en relation avec les autres acteurs et bénéficiaires que sont : les collectivités territoriales et les populations. Ces collectivités doivent jouer un grand rôle dans le cadre du désensablement des rues, de la gestion des ordures et des déchets solides qui empêchent le drainage des eaux de pluie dans les canaux. Nous voulons vraiment impliquer l’ensemble des acteurs dans ces opérations.

Nous avons bouclé l’élaboration de la matrice d’actions des opérations pré-hivernage. Ce qui reste, c’est d’aller vers le lancement officiel des opérations, à Dakar, par le Ministre de l’Eau et de l’Assainissement. Juste rappeler que le 28 avril 2021, un atelier technique de sensibilisation et d’informations sous forme de Crd a été convoqué par le Gouverneur de Dakar, Al Hassan Sall. Il a été tenu avec l’ensemble des Maires de la région de Dakar pour mieux les impliquer dans les activités de curage pré-hivernage. Après Dakar, d’autres lancements se feront dans les régions.



Source : http://lesoleil.sn/dr-ababacar-mbaye-dg-de-lonas-l…

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