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Yaye Fatou Diagne, Maire Apr: "Il est impossible que Macky aille au 2e tour"

L’absence des femmes dans les starting-blocks pour la prochaine présidentielle, la régularité du scrutin du 24 février 2019, le parrainage et ses effets, le climat social, la sortie des rappeurs de « Keur-Gui », sont autant de questions sur lesquelles Yaye Fatou Diagne s’est prononcée dans cette interview exclusive accordée à Seneweb. La mairesse de Ngathie Naoudé, par ailleurs Coordonnatrice du Programme de Développement de la Microfinance Islamique au Sénégal (PROMISE) se livre sans langue de bois. Entretien.
D’après vous n’est-il pas regrettable et dommage qu’il n’y ait aucune femme en course à la prochaine présidentielle ? 
 Yaye Fatou Diagne : Il faut d’abord préciser que ce n’est pas une femme qui va à la présidentielle, mais une citoyenne. Et dans notre pays on fait souvent la confusion entre la femme et la citoyenne. La citoyenne est régie par les mêmes règles que celles pour les hommes. Il ne peut pas y avoir de favoritisme ni une certaine discrimination par rapport à une candidature pour la magistrature suprême. Donc si les femmes n’ont pas répondu aux critères,  c’est par ce que ce n’est pas encore le moment pour qu’une femme soit à la tête de notre pays.
Pour d’aucuns il se profile à l’horizon des prémisses d’une élection ni libre, ni démocratique, encore moins transparente. Qu’en pensez-vous ? 
Depuis un certain temps, notre pays a toujours eu des élections libres, démocratiques et transparentes. Et je crois que les élections de 2012 en sont la parfaite illustration. Dans ce pays, il ne peut y avoir que des élections libres et transparentes. Maintenant, notre pays dans sa géosphère politique tend vers une pratique de l’activité politique plus sérieuse.
Beaucoup ont décrié le parrainage, mais moi je trouve que c’est une aubaine, une chance. Le Président Macky Sall a fait de tout son possible pour permettre aux acteurs politiques qui veulent aspirer à certaines responsabilités dans notre pays, à faire le travail minimum nécessaire.
Quelqu’un ne peut pas accéder au pouvoir sans connaître au moins les réalités qui se passent dans la moitié du territoire national. Et ça, c’est une avancée dans la pratique de la politique au Sénégal. Naturellement, en républicains, avec nos avancées et nos manques, certes, mais je pense qu’au Sénégal il ne peut y avoir que des élections libres et transparentes.
Parlons des recalés du parrainage: Macky Sall n’a-t-il pas par là réussi à écarter des adversaires ? 
Ce n’est pas le Président Macky Sall qui les a recalés. C’est le Conseil Constitutionnel qui est une institution indépendante. Vous savez, à chaque élection, on incrimine le Conseil Constitutionnel. Avec chaque Président qui vient, on incrimine le Conseil Constitutionnel. En 2012 on avait incriminé le Conseil Constitutionnel.
Et pourtant c’est cette même juridiction qui avait validé les résultats que les hommes politiques avaient acceptés. J’estime alors qu’il n’est pas très républicain d’incriminer le Conseil Constitutionnel qui ne fait que son travail par rapport à la loi. Ils sont des Sénégalais tout comme nous autres. Ils sont des patriotes qui veulent eux aussi le meilleur pour ce pays. Je ne crois pas qu’ils vont jouer avec leur intégrité.
Que vous inspire ce climat social très tendu au Sénégal, à quelques encablures de l’élection présidentielle ?
Il n’y a pas une situation sociale tendue au Sénégal. Peut-être que certaines personnes qui n’arrivent pas à s’arrimer au navire qui s’en va, font du bruit. Et c’est tout à fait normal. On est en démocratie. Et comme vous le savez, la majeure partie des partis politiques du Sénégal sont avec le Président Macky Sall. Normalement il faut une minorité en démocratie. Mais il n’y a pas une tension sociale.
Et pourtant bon nombre d’acteurs et d’observateurs politiques sont d’avis qu’il est impossible que le Président Macky Sall passe au premier tour. Vous ne le pensez pas ?
Mais est-ce impossible ? Aujourd’hui le Sénégal est divisé en 557 collectivités locales, qui sont des communes. Les 430, si je ne m’abuse, ou quelque chose comme ça, sont du côté du Président Macky Sall. Nous ne parlons plus de passer 50 et quelques pour cent. Toute personne qui est élue maire c’est parce qu’elle représente quelque chose. Au moins elle représente la moitié des suffrages dans cette population. Faites vous-même le calcul, la règle de trois. Vous pensez que obtenir 51% sera difficile pour le Président Macky Sall ? Notre objectif c’est les 80% au premier tour. Il est impossible que Macky Sall aille au deuxième tour.
Vous êtes de Kaolack tout comme les rappeurs du groupe « Keur-Gui » qui se sont récemment attaqués à Macky Sall. Un commentaire ? 
Écoutez. Ce n’est pas une question d’appartenance à Kaolack ou même d’appartenance politique. C’est plutôt une question de citoyenneté, de patriotisme. Nous sommes des patriotes qui aimons notre pays. Et nous gagnerons à respecter nos institutions. Mais sans la vie, certains dans leurs désirs de manifester leur frustration, arrivent à pénétrer dans l’intimité de l’autre.
Et ça, c’est vraiment à déplorer. Donc je crois que les gens doivent revoir leurs copies. Ce n’est pas Macky Sall qui est en jeu, c’est le Président de la République. Quelqu’un qui dit du mal du Président de la République le dit sur tous les Sénégalais. Nous n’avons que nos institutions, et une République se définie par ses institutions. Et la citoyenneté commence d’abord par le respect des institutions. Et quelqu’un qui n’a pas de respect pour nos institutions, je ne crois pas qu’il puisse appeler à une citoyenneté.
Réalisé par Gora KANE Seneweb
 

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